Ouverture du centre hélio-marin de Montalivet

La commune de Montalivet-Vendays a rencontré une notoriété internationale grâce au naturisme depuis la création de son Centre hélio-marin en 1950. A l’inverse de Royan, Soulac ou Arcachon, voisines illustres, Vendays s’était orientée dès la fin du 19e siècle vers un type de villégiature populaire et avait accueilli nombre de colonies de vacances dans des campements. Pendant la Seconde guerre mondiale, le secteur a subi des combats importants et, au sortir de cette guerre, des incendies qui ont ravagé les forêts alentour.

La paix revenue, ce décor si particulier offrait des atouts : du soleil, de l’espace, l’océan et de la tranquillité. Ce sont ces conditions qui ont décidé Albert Lecocq, fondateur en 1949 de la Fédération française de naturisme à lancer ce projet de centre sur la commune (Vendays devient Vendays-

Montalivet en 1950). Pour cet homme enthousiaste, les mots ont leur importance : le naturisme ne se résume pas à vivre nu, c’est une volonté d’osmose entre l’homme et les éléments naturels, la lumière, le grand air, la végétation, l’eau de mer. Cette pratique souhaite concilier santé physique et morale. Elle est à rapprocher des concepts hygiénistes qui ont favorisé l’éclosion de la villégiature balnéaire au 19e siècle.

C’est cet aspect qui est mis en avant pour dénommer le centre « hélio-marin » à l’exemple d’un autre centre, celui de Berck-sur-Mer (Pas-de-Calais) créé à la fin du 19e siècle. C’est aussi un calcul subtil car la population locale n’apprécie pas, en apparence, cette installation de personnes qui ont fait le choix de vivre différemment d’eux, au moins le temps d’une saison.

60 ans après, le CHM fonctionne encore, avec quelques entorses au progrès puisqu'on y trouve entre autres un centre commercial et une radio locale et, évidemment des adeptes de la vie nue à « Monta » en nombre (15 000 naturistes à la période la plus élevée).

Mais en Gironde l'histoire du naturisme et son inévitable corollaire, la

pudibonderie, ne commencent pas avec le CHM.

Avant l'instauration des cabines de bain sur la plage d'Arcachon, un arrêt du Conseil d’Etat mentionné dans l’ « Avenir d’Arcachon » du 13 juillet 1924 autorisait les baigneurs à se déshabiller et s'habiller sur la plage.

Ce sujet arriva même dans le monde littéraire, François Mauriac dénonçant une montée du nudisme à Arcachon dans un article publié le 07 octobre 1933 dans un numéro spécial de « l’Illustration, l’Automobile et le Tourisme ».

Auparavant, Jean Cocteau, qui séjourna à maintes reprises au café-restaurant Landais au Grand-Piquey à partir du printemps 1917 n'hésitait pas sur la plage à s'exhiber et manifester son plaisir d'être nu sous le soleil.

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