La Grande Guerre à Lacanau à travers le récit de Jean Cayrol

Jean Cayrol, l’écrivain bordelais, se souvient 60 ans plus tard de ses jeux d’enfant sur les plages de Lacanau.

Pendant l’été 1918, l’écrivain, âgé de huit ans, vit avec ses cousins sur les dunes et les plages de la côte girondine : à 700 km de Douaumont, la guerre a finalement rejoint les lieux de villégiature.

La guerre des «grands» a pénétré les jeux d’été d’une bande d’enfants : la guerre, lavraie, est là au milieu de l’univers aquatique et marin, une caisse de munitions par ci, un cormoran abattu par balles par là, puis enfin un cadavre de soldat ; la mer rejette sur les dunes les scories des combats

sous-marins au large de la Gascogne. Les vivants finissent aussi par apparaître dans le décor : le soldat fou qui se noie, l’espion alsacien livré au gendarme. Jean Cayrol n’a rien changé à ses souvenirs d’enfants : la côte aquitaine a vécu elle aussi à sa manière à l’heure de Verdun.

Jean Cayrol est né à Bordeaux le 6 juin 1911. Son père, médecin stomatologiste exerce à Bordeaux. Enfant de la guerre, car son père est mobilisé sur le front jusqu’à la victoire il est souvent laissé à lui-même.

Très jeune, il s’intéresse à l’écriture : en 1927, à peine âgé de 16 ans, il fonde au lycée Montaigne avec son camarade Jacques Dalléas , une première revue littéraire, Abeilles et Pensées et correspond avec plusieurs écrivains reconnus comme Cocteau ou Supervielle. En 1934, alors étudiant, il crée les Cahiers du Fleuve où paraissent ses premières œuvres. En 1937, après ses études de droit et un bref passage dans un cabinet d’avocat, il entre comme bibliothécaire de la Chambre de Commerce de Bordeaux.

Mobilisé dans la Marine en 1939, à la suite de l’armistice, il entre dès novembre 1940 dans un réseau de résistance, la Confrérie Notre-Dame (CND Castille) du colonel Rémy et de La Bardonnie. Interpellé deux fois puis

relâché en 1941, il est finalement arrêté et emprisonné en juin 1942. Il est ensuite déporté au camp de Mauthausen (Autriche) en mars 1943 où il réussit à survivre. Il revient avec tous les déportés en France en avril 1945 : François Mauriac s’exclame alors à propos de cette expérience concentrationnaire : « Jean, vous n’êtes plus de notre monde. »

A partir de 1947, Il se lance dans le roman avec Je vivrai l’amour des autres qui obtient le prix Renaudot. En 1949, il entre à la maison d’édition du Seuil. Il se rend célèbre en 1955 avec l’écriture du scénario du film Nuit et Brouillard d’Alain Resnais. Il écrit plusieurs autres textes cinématographiques au cours des années 1960-1970.

En 1973, il est membre de l’Académie Goncourt, il reçoit le grand prix littéraire de la ville de Bordeaux en 1975 et se retire à Pujols sur Dordogne en 1978. Sa dernière œuvre, un poème publiée en 1997 et intitulée Alerte aux ombres , 1944-1945, revient sur la période tragique de la guerre. Il décède à Bordeaux le 10 février 2005 à l’âge de 94 ans.

Mon parcours
  • Loisir, Sport
  • Vie artistique
  • Architecture et Urbanisme
  • Aménagement du Territoire
  • Santé
Légende des icones