Osiris et la synagogue d’Arcachon

La synagogue de la commune d’Arcachon aurait été construite entre 1876 et 1877 dans la Ville d’Hiver, à proximité de la propriété de son commanditaire, Daniel Iffla dit Osiris. Elle est réalisée par l’architecte Stanislas Ferrand, engagé également par Osiris pour la construction de la synagogue de la rue Buffault à Paris. Edifice à usage privé, la synagogue d’Arcachon est édifiée sans autorisation de l’administration ni du Consistoire israélite de Bordeaux. Elle est inaugurée le 21 décembre 1879, le même jour que la célébration du mariage de la nièce d’Osiris, Emma Moyse avec Sigismond Bardac. En 1890, Osiris a transféré la propriété de la synagogue au Consistoire israélite de Bordeaux

avec pour charges, outre les frais de culte, la célébration de services religieux à la mémoire du rabbin Athias et le don d’une part de l’excédent des recettes aux pauvres d’Arcachon. Elle est inaugurée officiellement le 31 octobre 1891 pour Roch Hachana, le nouvel an 5652.

La synagogue est un édifice très simple, de plan rectangulaire, construit en pierre. La porte d’entrée, protégée par un auvent en bois est surmontée par les Tables de la Loi. Sur la façade, une plaque commémorative représentant les Tables de la Loi porte l’inscription suivante, " RF. Temple élevé par I. Osiris 1877 ". Elle était surmontée d’un lanternon disparu aujourd’hui. En 1890, Osiris a Consistoire israélite de Bordeaux.

L’inventaire des biens de la synagogue d’Arcachon a été établi en 1906 en application de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat du 9 décembre 1905. Le document décrit très succinctement l’édifice mais établit une liste complète des biens mobiliers. L’édifice est inscrit sur l’Inventaire supplémentaire des Monuments historiques par arrêté du 3 décembre 2004.

Daniel Iffla est né à Bordeaux le 23 juillet 1825 dans une famille de modestes commerçants de la communauté juive portugaise. Monté à Paris,

il y fait fortune. Son pseudonyme, Osiris, est systématiquement associé à son nom. Profondément affecté par le décès de sa femme, Léonie Carlier, morte en couches en 1856, il consacre une grande part de sa fortune à des actions caritatives. Il fonde dans sa ville natale le bateau-soupe destiné à distribuer des repas pour les indigents et les travailleurs du port. Ce bateau est créé en 1912 et sert des repas jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. De plus, vouant un véritable culte à Napoléon, il achète le château de la Malmaison, le restaure et en fait don à l’Etat. Il instaure comme légataire universel l’Institut Pasteur lui assurant le développement et le rayonnement qu’il conserve encore aujourd’hui.

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