Antoine Trouche à Soulac

Une ordonnance du Roi datée du 14 septembre 1839 autorise Raymond Magne, médecin à Talais, commune proche de Soulac, à construire un établissement de bains, sur la plage des Olives à Soulac.

A cette époque, la petite commune n’était pas encore fréquentée par les touristes, les villas pas encore construites. Avant 1849, Raymond Magne a cédé à Antoine Trouche, maître d’hôtel, le bénéfice de l’autorisation. Ce dernier a alors élevé son établissement de bains de mer. Mais, à la fin des années 1850, l’Etat décide de vendre des terrains autour de l’établissement ; ce projet déclenche de vives protestations de la part d’Antoine Trouche craignant l’enclavement de sa propriété avec la suppression de l’accès à la plage.

Dans un courrier adressé au préfet, il rappelle son rôle primordial dans le développement de la cité balnéaire : au « printemps prochain, une soixantaine d’habitations seront en construction et avant une année ou deux la plage des Olives formera une ville importante et deviendra pour la commune de Soulac très pauvre, un auxiliaire charitable et puissant. Que sera-ce donc quand le chemin de fer de Bordeaux au Verdon pourra desservir Soulac ! Tous ces résultats sont dûs à l’initiative du Sieur Trouche qui a osé être téméraire, qui est sorti de l’ornière des vieilles idées de son pays, qui s’est relevé de la léthargie dans laquelle le Médoc est plongé » . Entre 1853 et 1857, de nombreuses parcelles destinées à la construction de villas sont de fait vendues autour de l’établissement Trouche.

Comme sur le pourtour du bassin d’Arcachon, les projets d’établissements de bains de mer sont innombrables près du Vieux-Soulac. Ainsi, en 1854, trois associés, le vicomte Aimé de Kerveguen, député, Eugène Paignon, avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de Cassation et Pierre Malvezin, avoué à la Cour impériale de Bordeaux, projettent eux aussi la construction d’un établissement de bains. Ils considèrent qu’Antoine Trouche « n’a pu fonder un établissement sérieux, n’ayant pas à sa

disposition, les capitaux et les ressources nécessaires ».

Malgré leur projet ambitieux, établissement de bains avec jardins enclos de haies, kiosques de repos éparpillés pour se protéger du soleil…, l’avis défavorable de l’administration sonne le glas de leurs ambitions.

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